Aya N., Valérie L., Diana R.

We’ve got a fucking problem.

Aya N. deserves to be defended. Defended against the hordes of idiots who spew openly racist hatred at her, or who hide their racism behind convoluted arguments that fool no one.

And yet, we have a problem. Because her music is awful. And the serious media won’t say so. They write articles about her. Serious articles. They probably don’t listen to her at home. But they praise her anyway. Afraid of being lumped in with the racist knuckle-draggers? Because she’s a Black woman, from an immigrant and working-class background, and therefore beyond criticism? Because she fills the Stade de France three times (!) and nobody wants to be accused of class contempt? Those are very bad reasons.

Her music is awful, a sort of musical equivalent of those reality-TV shows where busty bimbos and brainless bodybuilders are locked away in luxury villas (the same villas where autotuned rappers shoot drone-filled music videos?). And yet she fills the Stade de France. Three times!

One day, people will realize that her lyrics did not renew the French language the way Céline did (the writer, not the Québécois singer whom everyone suddenly loves now too—funny, isn’t it?) and that her music is little more than a bland, sanitized stew of Afro-Caribbean sounds reduced to their simplest possible form.

Meanwhile, Valérie L. is playing in Barberaz, at the Brin de Zinc, in a venue that isn’t even full (0.5% of Aya N.’s audience?).

She’s been at it since the early 1990s: with Autour de Lucie, then solo, then back to Autour de Lucie. As a duo. Since 2013.

Valérie L. is discreet. The new Autour de Lucie album is called Hors Monde; the band’s name doesn’t even appear on the cover. Valérie L. couldn’t care less about the Stade de France. And yet. One can’t help thinking that one would like to see a fairer distribution of audiences, a redistribution of listeners, a kind of musical socialism.

Because each of the nine songs on Hors Monde has something special. Valérie’s voice, the clever arrangements crafted with an eye for detail, the pop touch of her partner Sébastien Lafargue; the chorus that lands exactly where it should.

As usual, the lyrics possess a subtlety that goes straight to the heart. Nothing is over-signified here, whether the subject is grief, ecology, the passage of time, or depression. And we even get—surprisingly, coming from someone with whom I once discussed Liverpool hero Michael Head—a tribute to the great Diana R. Yes, that Diana R., from The Supremes. A tribute to the period when she teamed up with Chic.

And one starts to dream. Because yes, « Diana » is a potential hit, one that sweeps aside Angèle’s flirtatious autotuned poses, the glossy disco-variety polish of Juliette A. and Clara L.

Autour de Lucie is a treasure of a band. Spotify algorithms, radio programmers, serious journalists or otherwise, Providence itself… please, give Valérie Leulliot and Sébastien Lafargue a quarter of the Stade de France.

On a quand même un putain de problème.

Aya N. doit être défendue. Défendue face aux hordes de crétins qui la vomissent de manière ouvertement raciste ou qui dissimulent leur racisme derrière des circonvolutions qui ne dupent personne.

Et pourtant, on a un problème. Parce que sa musique est abominable. Et que les médias sérieux ne le disent pas. Ils écrivent des articles sur elle. Des articles sérieux. Ils ne l’écoutent probablement pas chez eux. Mais en disent du bien. Peur d’être rangés dans le camp des affreux jojos racistes ? Parce qu’elle est une femme, noire, issue de l’immigration et d’un milieu populaire, et qu’on ne peut décemment pas lui taper dessus ? Parce qu’elle remplit le Stade de France trois fois (!) et qu’on ne veut pas être taxé de mépris de classe ? De bien mauvaises raisons.

Sa musique est abominable, une sorte d’équivalent musical des émissions de télé-réalité où l’on enferme des greluches à forte poitrine et des bodybuildés sans cerveau dans des villas de luxe (les mêmes où les rappeurs autotunés tournent leurs clips avec des drones ?). Et elle remplit le Stade de France. Trois fois !

Un jour, on verra que ses paroles n’ont pas renouvelé la langue française comme Céline (l’écrivain, pas la Québécoise, que tout le monde aime aussi maintenant, étonnant, non ?) et que sa musique est un vilain potage aseptisé de sonorités afro-caribéennes réduites à leur plus simple expression.

Et Valérie L. joue à Barberaz, au Brin de Zinc, dans une salle même pas pleine (0,5 % du public d’Aya N. ?).

Elle joue depuis le début des années 1990 : Autour de Lucie, puis en solo, puis à nouveau Autour de Lucie. En duo. En 2013.

Valérie L. est discrète. Le nouvel album d’Autour de Lucie s’appelle Hors Monde ; le nom du groupe n’apparaît même pas. Valérie L. n’a que faire du Stade de France. Et pourtant. On ne peut s’empêcher de penser qu’on aimerait pour elle une meilleure répartition du public, une redistribution des auditeurs, une forme de socialisme musical.

Car chacune des neuf chansons qui composent Hors Monde a quelque chose. La voix de Valérie, les arrangements malins, soucieux du détail, et la touche pop de son compagnon Sébastien Lafargue ; le refrain qui fait mouche.

Les paroles sont, comme d’habitude, d’une subtilité qui touche droit au cœur. On ne sursignifie rien ici, qu’il soit question de deuil, d’écologie, du temps qui passe ou de déprime. Et l’on a même droit, ce qui est surprenant de la part de celle avec qui l’on devisait au sujet du héros de Liverpool Michael Head, à un hommage à la grande Diana R. Oui, celle des Supremes. Hommage à la période où elle s’acoquinait avec Chic.

Et l’on se prend à rêver. Car oui, Diana, c’est un tube en puissance qui balaie les poses aguicheuses et autotunées d’Angèle, le ripolinage disco-variété de Juliette A. et de Clara L.

Autour de Lucie, un trésor de groupe. Algorithmes de Spotify, programmateurs de radio, journalistes sérieux ou pas, Providence… Un quart du Stade de France pour Valérie Leulliot et Sébastien Lafargue, s’il vous plaît.

Fuck, même pas 1000 vues en 3 semaines…

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