Et il y a 100 ans ? 4 exemples (2/4)

Changement de registre total.

Musique savante au programme.

Musique savante, musique populaire, musique traditionnelle… on pourrait ajouter musique de masse.

On peut gloser des heures sur ces distinctions. A l’origine, c’est facile, la musique savante est écrite et la musique populaire (ou d’abord traditionnelle) est de tradition orale. Puis ça se corse…

En donnant quelques exemples on peut avoir une idée de quoi on parle : Mozart serait de la musique savante, les chants des campagnes de l’époque seraient de la musique populaire (traditionnelle). Au XXe siècle, Boulez serait de la musique savante, Elvis, Brel, Piaf, les Beatles de la musique populaire, les chants corses de la musique traditionnelle…

On voit bien que la musique savante se nourrit de musique populaire (l’influence du jazz sur la musique dite classique, à ce propos, voici ce que disait Ravel en 1928 à une revue américaine :  Vous, les Américains, prenez le jazz trop à la légère. Vous semblez y voir une musique de peu de valeur, vulgaire, éphémère. Alors qu’à mes yeux, c’est lui qui donnera naissance à la musique nationale des États-Unis.), que la musique populaire se nourrit de musique savante (influence de Varèse sur Zappa, de Steve Reich sur Sufjan Stevens, de Stockhausen sur les Beatles…) et que la musique populaire use souvent des mêmes outils que la musique de masse (le marketing autour d’Elvis, des Beatles etc…)… certains chipoteront en disant qu’Elvis reste de la musique de masse car contrairement aux Beatles il n’a sans doute pas aborder la chose de manière plus intellectuelle ou expérimentale… Bref.

On voit bien aussi à quel point ces distinctions sont intimement liées à l’usage qu’en font les différents groupes sociaux à travers l’histoire. Le jazz vu comme une musique des bordels, puis muséifié, le rock vu comme une musique de dégénérés et maintenant parfaitement installé dans le paysage culturel…

Venons-en à notre sujet du jour…

Edgar(d) Varèse. Rien que le nom fait frémir. Il y a déjà une certaine rigidité là-dedans. Alors qu’en fait, pas du tout. Le mec était, parait-il, un joyeux boute-en-train ! Hum… mais avec quand même un passage à vide et des penchants suicidaires…

Il est considéré comme un compositeur majeur du XXe.

Bon, faut s’accrocher.

A la recherche du son pur, refusant la distinction bruit/son et les systèmes, il travaille sur trois composantes du son : d’abord et surtout son timbre (le son produit, par exemple un sol joué par une clarinette ou un saxo n’aura pas le même son, c’est ce qui définit son timbre), son intensité (pas besoin d’explication là) et sa hauteur (un la est plus haut qu’un sol).

Bref, le 4 mars 1923 il présente une de ces oeuvres à New York (il passa la plus grande partie de sa vie aux Etats-Unis). Evidemment, les gens huent.

Je m’en fous complètement qu’on n’aime pas ma musique. Dont acte.

En attendant, à l’étroit dans le registre sonore imposé par les instruments classiques, il n’aura de cesse de s’intéresser à des sonorités exotiques ou électroniques (surtout après la Seconde Guerre mondiale). En cela il est vu comme un parrain de toute la scène électro.

Hyperprism. 1923.

Ici, les instruments sont classiques : clarinette, percus, flûte traversière, cuivres… avec quand même une sirène.

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