Nous parlons là d’un temps que les moins de 900 ans ne peuvent pas connaitre…
Hildegard von Bingen était un peu tout à la fois : intellectuelle, mystique, musicienne, poète, médecin… née en Allemagne en… 1098, oui.

L’ensemble de musique ancienne Sequentia a contribué à la faire connaitre depuis les années 90 en enregistrant notamment ce recueil intitulé Chants de l’extase.
Alors, si le titre pourrait évoquer les compils du rayon new-age de Nature et découvertes, on se doute bien que derrière tout cela il y a une forme de spiritualité dont notre époque est sans doute bien en peine d’éprouver la profondeur. Reste que l’on peut se laisser aller pour un instant à l’immobilisme et à l’introspection et savourer ces minutes, comme quand on longe le monastère de la Grande Chartreuse recouvert de neige fraiche par une aube glacée de décembre et qu’un filet de fumée s’échappe d’une cheminée grise. Je sais de quoi je parle…
Tiens, à ce propos, citons l’exalté Léon Bloy, grand catholique devant l’Eternel, qui parle du monastère mais ce qu’il dit pourrait aussi s’appliquer à la musique de notre abbesse germanique.
Dans un siècle aussi jeté que le nôtre aux lamproies ou aux murènes de la définitive anarchie qui menace de faire ripaille du monde, il est au moins intéressant de contempler cet unique monument du passé chrétien de l’Europe, resté debout et intact, sans ébranlement et sans macule, dans le milieu du torrent des siècles.
Léon Bloy, Le désespéré, 1887
❤
Même chose en cette matinée du 5 novembre, premières neiges au Lac de roue, où la forêt de mélèzes ressemblaient à une cathédrale et où j’ai croisé un chevreuil de toute beauté.
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