In Memoriam Sharon Tate



Il est des faits divers qui marquent une génération. Les soeurs Papin, de Genet à Chabrol, Roberto Succo, de Koltès à Kahn… Sharon Tate, de Neil Young à… Tarantino…

Son dernier film multiplie les mises en abîmes, les clins d’oeil cinématographiques et musicaux (films dans le film, acteurs jouant des acteurs, l’actrice qui joue Sharon Tate allant voir un film dans lequel joue la vraie Sharon Tate, Bruce Lee, le western spaghetti, DiCaprio inséré dans La grande évasion, Polanski, McQueen, la tour de Capitol Records, l’amitié de Manson avec le batteur des Beach Boys, Brad Pitt décrit comme un vieux… avec de très beaux restes ceci dit… etc…etc…) et distille, entre moments de tension, burlesques ou violents, une douce mélancolie… Le dernier plan fixe laissant au spectateur tout le loisir de se remémorer la sinistre réalité de ce qui se passa sur Cielo Drive ce soir d’août 1969. Ce qui aurait pu être et ce qui a été…

Le Los Angeles des sixties est reconstitué à merveille, les néons, les enseignes, les hippies qui traînent, les acteurs un brin has-been alcooliques, les collines sur lesquelles serpente Mulholland Drive. Tarantino use de toute sa palette, travellings au ralenti dans les aéroports, très gros plans, lenteur à la Sergio Leone, longs dialogues… Et évidemment, propose une bande-son impeccable, alternant gros classiques et raretés…
Et dans le tas ce bijou stonien, la version single de Out Of Time. Epoque Brian Jones, évidemment. Dire que des gens ont vécu tout cela. Quelle décennie décidément, quelle décennie…

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