Il est ici question de Charles Manson, meurtrier.
Petit homme charismatique, poète et musicien à ses heures perdues, ami des stars (Beach Boys, Neil Young…) jusqu’à un certain point, le bonhomme vit dans des trailers, dans le désert, près de Los Angeles, avec une joyeuse petite troupe appelée la Family. Sa Family fornique, prend des drogues, trafique un peu, joue de la musique, rien de trop méchant.
Fin 68, l’ami Manson écoute le double album blanc des Beatles (encore) et là, tout se complique dans son petit cerveau. Il y entend un appel à l’insurrection (dans Blackbird) et à foutre une bonne branlée aux bourgeois (dans Piggies).
Il se dit qu’en trucidant quelques personnalités dans Laurel Canyon (Mecque de la bohème artistique de l’époque, dont Carole King, par exemple), les autorités accuseront les noirs, qui, mécontents, se rebelleront et hop, révolution. Oui, c’est fumeux.
Il envoie donc quelques-uns de ses acolytes effectuer la salle besogne. Tuerie sordide dans une villa cossue. La jeune femme de Roman Polanski, enceinte, y passe. On retrouvera quelques titres de l’album blanc écrits avec du sang sur les murs…
Un doute subsiste toutefois sur les intentions de Manson. Polanski y avait emménagé récemment et la maison était autrefois occupée par le producteur des Byrds (Terry Melcher) qui n’avait guère était convaincu par le talent musical de notre gourou tueur… Histoire de vengeance d’un Manson frustré ? On ne saura sans doute jamais.
Certains malades mentaux ont fait un lien entre cette tuerie et le film sataniste de Polanski, Rosemary’s Baby, sorti en 68. Style : sanction divine pour avoir fait un film tournant autour de la figure du Malin, du délire…
Le lendemain, autres meurtres… Arrestation, prison, etc… Manson y croupit toujours et une jeune admiratrice l’a assez récemment demandé en mariage, charisme quand tu nous tiens…
Pour beaucoup, ces meurtres, ainsi que celui d’un spectateur noir par les Hells Angels lors d’un concert des Stones à Altamont la même année, marquent la fin de l’utopie hippie, deux ans seulement après le Summer Of Love.
En 1974, notre ami et idole personnelle, Neil Young, raconte tout ceci de manière très directe dans un album relativement dépressif (mais il a encore fait plus noir, cf Tonight’s The Night).

Riff de guitare impeccable, rythmique diabolique (celle du Band). Ses amis de Crosby (ex-Byrds, qui joue ici de la guitare), Stills & Nash étaient terriblement gênés à l’idée de chanter ce morceau. Car Neil Young se met dans la peau des bourreaux…
Voici les paroles :
Well, we live in a trailer
at the edge of town
You never see us
’cause we don’t come around.
We got twenty five rifles
just to keep
the population down.
But we need you now,
and that’s why
I’m hangin’ ’round.
So you be good to me
and I’ll be good to you,
And in this land of conditions
I’m not above suspicion
I won’t attack you,
but I won’t back you.
Well, it’s so good to be here,
asleep on your lawn.
Remember your guard dog?
Well, I’m afraid
that he’s gone.
It was such a drag
to hear him
whining all night long.
Yes, that was me with the doves,
setting them free
near the factory
Where you built your computer,
love.
I hope you get the connection,
’cause I can’t take
the rejection
I won’t deceive you,
I just don’t believe you.
Well, I’m a barrel of laughs,
with my carbine on
I keep ’em hoppin’,
till my ammunition’s gone.
But I’m still not happy,
I feel like
there’s something wrong.
I got the revolution blues,
I see bloody fountains,
And ten million dune buggies
comin’ down the mountains.
Well, I hear that Laurel Canyon
is full of famous stars,
But I hate them worse than lepers
and I’ll kill them
in their cars.
On est ici très loin du Neil Young pour babas-cool de Harvest. Neil Young, je t’adore.
Je t’adore aussi !!!!! Même si c’est très éloigné de Harvest, ça reste quand même du eil Young, just perfect as way !!!
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