Majeur Tom

Sans doute un des musiciens parmi les plus singuliers de la musique américaine. Tom Waits n’est pas pour autant un artiste sans racines, il y a du Captain Beefheart ou du Dr. John chez cet homme-là. Après des débuts piano-bar un poil clichetonneux (la voix rocailleuse et des histoires d’amours brisées), le bonhomme trouve son univers, STOP !

Univers, le grand mot est lâché.

Oui, Tom Waits a un univers comme Tim Burton ou Kusturica en ont un dans leur domaine. Pas un truc de communicants marketé comme une vulgaire Christine and the Queens, pardon, Christine and the Queens (ah, ah, non mais quelle blague alors, je t’en ficherais moi de La Française qui défie le genre, pfff et les vilains d’Indochine avec 3e Sexe, ils faisaient quoi ?…)…, non, celui de Tom Waits c’est un truc qui sent la sueur et l’alcool, la bonne chaleur de l’animal, nourri à Kerouac et à Dylan, fait de blues démonté et rapiécé à l’aide d’éléments épars (guitare richardsienne ici, fanfares balkaniques là, rythmes cubains ailleurs, ce qui pourrait faire flipper si c’était juste pour donner une couleur exotique, mais non on n’est pas chez Lavilliers ici, non, le Tom ingurgite tout, malaxe et régurgite sa propre mixture), l’univers de Tom Waits, c’est pas du chiqué. Le vrai truc quoi.

Au mitan des années 80, il enquille les chefs-d’oeuvre, à mille lieux de pas mal de choses de la même époque (la pop synthétique, le hair-metal…). Ce morceau est un délice d’originalité, illuminé par la guitare fantastique* de Marc Ribot (dont on a déjà parlé ici).

* J’connais un gaillard qui l’a apprise par coeur cette partie de guitare…

3 réflexions sur “Majeur Tom

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