Chansons pop parfaites

En 1990, Manchester règne en maître sur la planète pop, les Stone Roses et les Happy Mondays ont permis à la ville de rester dans la course après la pendaison du chanteur de Joy Division et la séparation des Smiths. Poursuivant le sillon creusé par New Order, faire danser une génération gavée d’ecstasy, le mouvement Madchester bat son plein et les suiveurs sont nombreux et aujourd’hui passablement oubliés (The Farm, Charlatans, Soup Dragons…).

Hors du temps, hors des modes, un drôle de gaillard va venir replacer Liverpool, la voisine rivale, sur la carte de la pop, le temps d’un album parfait, The La’s. Un petit tour et puis il s’en ira, incapable de donner une suite à cette série de chansons ouvragée à l’ancienne.

Fan absolu des Stones, Kinks, Beatles et des Who, Lee Mavers, le leader des La’s, veut un enregistrement qui sonne comme dans les sixties. Il épuise plusieurs producteurs, fait traîner la sortie du disque. Finalement, quand celui-ci débarque, Mavers déclare qu’il ne faut pas l’acheter, que c’est une merde technologique. Evidemment, il est le seul à entendre de la technologie dans cet album au son intemporel. Il suffit d’écouter les Happy Mondays pour s’apercevoir, malheureusement, combien leur son a vieilli aujourd’hui alors que les La’s sonnent en 2016 comme en 1990, comme en 1965.

Obnubilé par l’idée de réenregistrer son disque, il oublie de créer de nouvelles chansons et à part une série de prestations live assez minables il y a quelques années, il parait qu’il erre dans les rues de Liverpool, bouffé par l’alcool et qu’il ressemble à Yasser Arafat (mort ou vivant, on ne sait pas !).

Bref, toujours est-il que quelques membres de son groupe, lassés de l’attendre, s’en iront former Cast et grossir les rangs de la Brit-Pop.

Un critique de rock génial et lucide a déclaré il y a quelques mois qu’il y a plus dans l’unique album des La’s que dans tout Oasis. Evidemment, il avait tort. Il y a mieux encore, aucune traces de gras, aucun morceau s’étirant dans des solos inutiles, aucune pose crâneuse et légèrement stupide. Par contre, il y a la même coupe de cheveux.

Avec There She Goes, les La’s reprennent les choses là où les Byrds les avaient laissées en 1965 avec Mr Tambourine Man, arpèges mirifiques, mélodie légère, concision.

Arrivés trop tôt, coincés entre le mouvement Madchester et l’arrivée du Grunge, les La’s ne profiteront pas du mouvement Brit-Pop qui envahira les charts à partir de 1993 (Suede, Blur, Oasis, Pulp et d’autres…). Dommage pour eux.

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