Tranches de vie

Un beau jour, probablement entre 1980 et 1982, mon père ramena de la discothèque du C.E de sa boite, ça (et une autre fois, ça) :

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Ça allait changer ma vie mais je ne le savais pas encore.

La musique qui sortait de la chaîne hi-fi m’a immédiatement attiré, assis sur le canapé du salon, je suis resté là à avaler avec émerveillement l’intégralité de ce double album. Scotché.

Mon père a eu la bonne idée d’enregistrer ce disque sur une cassette. Une comme ça :

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Avec marqué, Les Beatles, dessus.

Cette cassette, je l’ai toujours gardée pas loin de moi, je devais l’écouter une seule fois par an, pas plus, jusqu’à mes 11/12 ans, mais toujours avec le même effet, l’impression d’entendre défiler toute une série de morceaux plus entraînants et parfaits les uns que les autres et sur lesquels je mimais frénétiquement la batterie en tapant sur mon lit avec des aiguilles à tricoter.

L’analyse, la connaissance, tout cela arrivera plus tard, pour l’heure, c’est droit au cœur que j’étais touché, magie des voix, magie des mélodies, concision des morceaux.

Difficile de dire quel titre me plaisait le plus tant ils constituaient une suite excitante de bout en bout.

Pour la chanson de la semaine, je vais cependant sélectionner Eight Days a Week. Sans doute pas la plus aimée, ni des Beatles eux-mêmes, ni des fans, mais dont le titre reflète un peu l’humour de Liverpool, voire préfigure le nonsense futur de Lennon. Les claquements de mains et les voix mêlées sont typiques du style Beatles et me rendaient dingue et enfin, j’adorais la façon dont les voix sonnaient, presque seules, au moment des I LO-O-O-O-O-OVE YOU.

Eight Days a Week est un morceau issu de leur 4e album, Beatles For Sale, sans doute le moins aimé de tous, car le groupe, un tantinet fatigué par des tournées incessantes, avait été obligé de le remplir avec quelques reprises, ce qui trahissait un certain retour en arrière par rapport à l’avancée qu’avait constitué A Hard Day’s Night, album uniquement composé de chansons originales.

Avec les Beatles, évidemment, au niveau du succès public, de l’estime par la critique et par les pairs, on est au plus haut niveau, puisque jamais un groupe n’a vendu autant de disques et leurs albums sont toujours considérés comme la crème de la crème par les amateurs de rock.