Disque-labyrinthe

Des dizaines de participants, près de 40 morceaux, 3 galettes de vinyle…

Will the Circle Be Unbroken (1971) est un album du groupe Nitty Gritty Dirt Band. Il est important dans le sens où il marque la réelle acceptation des musiciens de la nouvelle génération (pour faire court, représentants de la contre-culture) par la vieille garde un poil conservatrice de Nashville.

Il y a eu des précédents, ça fait déjà quelques années, depuis Dylan, que des rapprochements s’opérent (les Byrds, Gram Parsons…) mais malgré l’immense qualité de tout cela, l’adoubement n’a jamais atteint un assentiment populaire au point de venir chatouiller les charts country.

Will the Circle… atteindra la 4e place.

Le Nitty Gritty… est un groupe de jeunes chevelus mais ils aiment la musique roots. Ils rêvent de cet album depuis plusieurs années et réussissent, parfois difficilement, à entrainer dans l’aventure quelques-uns des grands noms de la country des décennies précédentes. Par exemple, la légendaire Maybelle Carter de la Carter Family (dont les premiers enregistrements datent de 1927 !) mais aussi une star oubliée vénérée par Hank Williams, Roy Acuff (au départ réticent face à ces hippies sales), des as du fingerpicking comme Merle Travis, Jimmy Martin, chanteur qui avait joué avec Bill Monroe (légende du bluegrass qui lui n’a pas voulu collaborer avec des jeunes gens chevelus, dommage), on peut encore citer Earl Scruggs dont la virtuosité au banjo est un élément central de l’album.

Bon attention, ces gens n’ont pas besoin de répéter 10 000 fois un morceau ou d’une table de mixage au nombre de pistes infini. Non, 2 pistes, ça ira bien, une ou deux prises aussi, on discute un moment avant de se lancer (on entend quelques extraits de ce type) et en avant.

Qu’y trouve-t-on ? Des classiques de la country des années 30, 40 et 50, des trucs de la Carter Family, d’Hank Williams, de Scruggs, Acuff ou Martin… et en toute fin, signe de convergence, une reprise instrumentale de Joni Mitchell, représentante de cette contre-culture honnie.

Les vétérans sont conquis par la virtuosité et l’amour de la musique traditionnelle de ces jeunes californiens, ces derniers sont ravis de voir leur rêve réalisé. L’histoire ne dit pas si les hippies ont fumé de la marijuana en studio et si les vieux ont descendu quelques bouteilles…

Ici, un des plus grands classiques d’Hank Williams, avec entre autres Acuff au chant, Scruggs au banjo et les membres du Nitty à l’harmonica et à la mandoline…

Quelques remarques sur la place des micros, raclements de gorge et reniflades et hop…

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