See U later, alligator

Souvenirs :

The Deslondes, samedi 3 décembre 2016, One Eyed Jacks.

Tout respire le sud des Etats-Unis chez les Deslondes et tout a au moins 50 ans d’âge.

Les harmonies vocales héritées de la country la plus ancienne, surtout, la sécheresse rockabilly des premiers enregistrement Sun d’Elvis, le folk décharné de Woody Guthrie, un désespoir venant du blues du Delta et une certaine forme de groove qu’on peut trouver chez Tony Joe White.

Tout respire le sud et a au moins 50 ans d’âge sauf les musiciens… et leur audience.

Certes, certains viennent de La Nouvelle-Orléans mais le groupe semble s’être formé entre l’état de Washington (Nord-Ouest), le Texas et La Louisiane. A vue de nez, ils ont entre 25 et 30 ans. Par contre, ils sont basés ici et ont commencé à répéter dans un établissement scolaire dévasté par Katrina dans le Lower Ninth Ward. Leur nom a également été chipé à une rue de la ville. Toujours dans le même secteur.

Ce soir, ils jouent à domicile, le One Eyed Jacks est plein. Charmante ambiance. Quelques Stetson dans la foule, d’autres portent une tenue façon Charles Ingalls dans La petite maison dans la prairie. Et les immuables casquettes de baseball. Et les chemises à carreaux. Moyenne d’âge, moins de 30 ans. Beaucoup de tatoués. Une jeunesse passablement branchée qui écoute (et danse sur) une musique datant, parfois, du XIXe siècle…

Ils sont 5, alignés sur le devant de la scène. Un mini-batteur debout avec seulement une grosse caisse au sol et la caisse claire tenue sur le bras gauche, un contrebassiste chevelu à casquette, 2 guitares acoustiques dont une jouée par une sorte de bûcheron au fort accent style The Big Lebowski, et un dernier acolyte, au violon ou à la guitare électrique ou à la pedal steel guitar.

Et là, dès les premières notes de musique, les couples se forment, les partenaires changent à chaque morceau, tout ce petit monde s’agite sans aucune inhibition, les attitudes et les regards reflétant parfois une sensualité torride… Mais tout ceci reste tout à fait bon enfant… Quels sacrés danseurs quand même !

Le groupe joue serré, c’est rêche, sans fioritures, ils harmonisent merveilleusement et rarement un morceau dépasse les 3 minutes. Une petite reprise de J.J. Cale vient, si cela était nécessaire, rajouter une pierre à la cartographie des influences du groupe.

Après un rappel, The Deslondes se retire, il est 1h30, dimanche 4 décembre 2016.

Bourbon Street vomit son alcool et sa musique pour touristes pressés et mal informés. J’emprunte Royal Street et ses galeries d’art, la rue est presque déserte, une pluie légère tombe, les trottoirs sont glissants, plus loin des clochards s’abritent sous le porche des grandes enseignes. A l’angle de Canal Street et de Carondelet, le tramway patiente.

Près de 8 ans plus tard… comme le temps passe vite… les Deslondes ont un peu vieilli et viennent de sortir leur 4e album. Pas de révolution. Mais c’est toujours aussi bien.

Ici, un morceau ancien (on trouve des versions datant d’une dizaine d’années), avec une ambiance très Creedence.

Et une version de 2019 au petit marché d’Abita Springs. Abita Springs, c’est une petite bourgade au nord de New Orleans, l’autre côté du lac Pontchartrain. Il y a un petit musée bricolo d’un joyeux original, Abita Mystery House, ambiance tout à fait délicieuse et quand il pleut des seaux, le niveau du bayou qui coule au fond du parc monte fortement et on peut même sauter depuis un petit pont de bois… sans trop se soucier des éventuels alligators… mais un peu quand même… Souvenirs je disais…

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