Le 2 mai dernier, les Stones foulaient les planches du Jazz Fest à la Nouvelle-Orléans. L’occasion pour eux de faire monter sur scène la reine de la soul locale, Irma Thomas, chanteuse dont ils ont repris une chanson, il y a de cela… bien longtemps…
Revenons un peu sur les relations entre le groupe et cette ville…

Comme les Beatles, on verra ça en détail demain, les Rolling Stones ont repris du Larry Williams, une seule fois, mais je dois dire que c’est particulièrement croustillant et sauvage.
She Said Yeah, dont l’autre face était Bad Boy (repris par les Scarabées), d’abord par Larry Williams (1958)
La version des Rolling Stones, cradingue à souhait… Ah, ah, quel groupe quand même, quel groupe (et puis cette photo !) ! 1965
Voici leur reprise d’une chanson de Toussaint (que les Who reprendront aussi), suivie de la version originale chantée par Benny Spellman en 1962
Écrit et produit par Toussaint…
Ici, leur version de Time is on my Side (j’adore !), en 1964, directement inspirée de celle d’Irma Thomas, reine de la soul de La Nouvelle-Orléans… sortie la même année…
On peut aussi citer Pain in my Heart, mais c’est un peu plus compliqué. Voici l’histoire : Toussaint a écrit un morceau appelé Ruler of My Heart pour Irma Thomas, le voici en 1962 :
Otis Redding a dû l’entendre et a ‘écrit’ Pain In My Heart, qui est en fait… la même chanson ! Du coup, il a été poursuivi et finalement le nom de Toussaint apparaît dans les crédits (en fait, pas son nom, son pseudo, Naomi Neville, qui n’a rien à voir avec la famille Neville soit dit en passant, oui, je sais, c’est compliqué…). Bref, les Stones reprennent la chanson d’Otis Redding qui est en fait une chanson de Toussaint chantée par Thomas ! Capito ? On est en 64.
Et la version d’Otis Redding quand même… Parce que, ça a beau être la même chanson avec un autre nom, c’est toujours bien d’écouter ce monsieur… 1964
Bien, niveau reprises en lien avec La Nouvelle-Orléans, je pense avoir fait le tour. Mais, mais, mais… Il reste à voir 2, 3 trucs. Et pas des moindres…
On dit que les Stones n’ont pas écouté d’une oreille distraite ce que faisait Dr. John sur son premier album et que le gigantesque Sympathy For The Devil est largement influencé par les transes vaudoues du bon docteur…
Les rythmes exotiques, les choeurs répétitifs, mais c’est bien sûr ! Bon, on a vu tout cela récemment !
Ah, ah, mais c’est quand même bien du génie tout ça, non ? On n’a quand même plus des disques pareils aujourd’hui, si ?
Et puis, un poil plus embarrassant, il y a la petite claque administrée par les Meters. Je reprends l’histoire : McCartney bosse avec Toussaint (vers 1975), fait la connaissance des Meters, les invite à jouer pour fêter la sortie de son album Venus and Mars (probablement une crotte, soit dit en passant). Jagger est là, et est impressionné par ce qu’il entend, normal, attention, ça joue ! Il décide d’emmener les Meters en tournée. On dit que l’album Black and Blue des Stones est un hommage à la musique des Meters. Problème : c’est quand même un peu une crotte ce Black and Blue…
Alors voilà les Stones, entre disco/funk… Pas au meilleur de leur forme… 1976
Surtout quand on a ça en face… Oh, oh, ça joue sec… Enregistré à New Orleans et produit par Toussaint… 1974
Mais bon, on va pas finir sur une note pas très gentille pour un de mes groupes adorés. Non, il faut quand même parler aussi de ce tube, comment dire, génialement imparable… où on entend dans les premières phrases :
Gold Coast slave ship bound for cotton fields
Sold in the market down in New Orleans…
Chanson, qui, à l’heure des petits ayatollahs progressistes, n’est plus jouée sur scène par nos amis… trop offensante pour les petites âmes fragiles d’aujourd’hui. 1971
MIAM !
Et aussi, ils ont joué 6 fois sur place (selon NOLA.COM, même si ça ne parait pas des masses), mais jamais pendant leurs meilleures années (78, 81, 89, 94, 19 et 24). Donc, bon…

Une réflexion sur “Les Rolling Stones et la Nouvelle-Orléans”