The City That Care Forgot est vraisemblablement un slogan publicitaire des années 30 annonçant la couleur : on vient à la Nouvelle-Orléans pour oublier ses soucis et s’amuser.
C’est aussi (moins le The) le titre d’un album de Dr. John sorti 3 ans après le passage dévastateur de l’ouragan Katrina et le goût amer laissé par la lenteur des opérations de secours, le slogan initial vantant les délices de la ville peut alors aussi être compris comme étant celui de la cité dont personne ne se soucie et surtout pas le gouvernement américain.
Sur la chanson-titre, Dr. John porte un regard acerbe sur l’état de la Nouvelle-Orléans et l’inaction des autorités et, se mettant à leur place, leur fait dire : Kiss my ass, go to hell Bywater (un quartier de la ville) ou plus loin Better get used to that nasty fonky smell…

Un blues poisseux (adjectif déjà utilisé hier !) qui fait le grand écart en invitant le consensuel Eric Clapton (pour la guitare !) et la farouchement indépendante Ani DiFranco (néo-orléanaise de coeur, on le sait, on avait sa fille dans notre classe !) pour les choeurs, à peine gâché par une production un poil lisse et impersonnelle, on veut du poisseux poisseux, pas du poisseux léché ! Nous sommes donc en 2008.
Une réflexion sur “Dr. John 2/12”