Faut reconnaitre que le reggae peut donner des envies de meurtres voire même de suicide. Quand t’imagines un Drômois en sandales qui te marmonne cool man entre deux taffes en dodelinant sur du Tryo, y’a de quoi se faire hara-kiri direct.
Les souvenirs des tubes 80s d’UB40 avec ce son surproduit et mécanique, idem.
Quant à certaines vieilles gloires qui se pointent de temps en temps pour déblatérer des paroles d’une naïveté confondante et limite complotistes (Alpha Blondy en 2022)… pfff…
No comment sur un certain groupe de reggae grenoblois.
En plus, cette religion… avec souvent une lecture assez littérale de la Bible… elle est loin d’être cool au fond. Homosexualité et rastafarisme, par exemple, sont des mots qui ne vont pas bien ensemble, pas bien ensemble…
Mais quand même, fi de la mauvaise foi et de caricature !
On ne peut pas faire durer le suspense, en vrai, le reggae c’est souvent formidable. Autant que la soul sixties des Impressions, source américaine majeure de tout un tas de groupes épatants. Marley et ses Wailers en tête.
Quand ce dernier entame ses années de gloire (en signant chez Island et en sortant Catch a Fire en 73 et surtout à partir de 75), ça fait déjà minimum 10 ans qu’il galère plus ou moins sur son île, avec quelques séjours aux US. Il faudrait être très très snob pour dire que le meilleur de Marley date d’avant cette version un poil plus propre et occidentalisée (on a mis des solos de guitare) qui va faire de lui LA figure emblématique des opprimés de tout poil. Mais il faudrait en même temps être sacrément sourd pour ne pas dire que sa collaboration avec Lee Perry (légende !) est largement à la hauteur des classiques post 1973… Plus roots, tout aussi habitée. On s’en mettra un extrait tout bientôt.
De la même façon que Marley écrase de part sa stature tous les autres artistes jamaïcains, certaines de ses chansons, multi-diffusées (globablement celles sur la mythique compil’ Legend), masquent d’autres trésors relativement moins connus (Natty Dread, Them Belly Full, The Heathen, Natural Mystic…) et tout aussi bons !

Tiens, par exemple, ce puissant Survival sur l’album du même nom (1979), collection de chansons autour du thème du panafricanisme.
4 réflexions sur “Et Marley alors ?”