James McMurtry…
Son papa écrivait des westerns (Lonesome Dove…) et des scénarios (The Last Picture Show…), son rejeton s’est mis à la guitare… et lui a sorti une dizaine de disques depuis 1989…
Sa musique arpente un territoire connu : les motels miteux, les petites villes mortes, les parkings déserts, les highways, les grands espaces, les amours contrariées, les vies ordinaires du Midwest…
Complicated Game, sorti en 2015, a été enregistré à La Nouvelle-Orléans avec l’aide de Mike Napolitano, (le mari d’Ani DiFranco… et parent d’élève au LFNO !). Nulle trace de funk, jazz, zydeco ou cajun pour autant, une americana pur jus qui ne dévie pas des canons du genre…mais avec un sens du détail, une sincérité et une retenue qui la mettent au-dessus du tout-venant…

Le gars a le don de camper une situation en quelques secondes. Ici, un ex-soldat retrouve sa famille d’agriculteurs dont les vaches, surprises par le blizzard, meurent gelées… Détresse financière, les autorités qui rôdent…
Tout ceci est inspiré d’un épisode glacial survenu dans la région en octobre 2013, épisode qui avait tué entre 10 000 et 20 000 bovins… La chanson est d’ailleurs dédiée à toutes les personnes qui ont ou qui ont eu à s’occuper du bien-être et de la santé de vaches…

Et comme c’est aussi une histoire d’hommes, de survie et d’horizon bouché (au sens figuré car au sens propre… c’est le Big Sky…), ces quelques lignes :
‘Cause there ain’t much between the Pole and South Dakota
And barbed wire won’t stop the wind
Parce qu’il n’y a pas grand chose entre le pôle et le Dakota du Sud
Et les barbelés n’arrêteront pas le vent…
Une réflexion sur “L’Amérique dans la peau”