
La vérité, c’est que depuis un mois je n’arrive (presque) pas à écouter autre chose que le Jean-Louis. Bon sang. Matin, midi et soir. Du mal à me motiver pour parler des autres…
Une grosse pile de nouveaux disques dort sur l’étagère…
Bon alors, dans les dernières années de sa vie, le Jean-Louis avait décidé que Dylan et Neil Young, basta (quelle drôle d’idée quand même). Les gars qui le faisaient vibrer ? Des Américains : Frank Ocean et Kendrick Lamar. Pas évident de trouver un lien entre l’Auvergne et Compton, ni entre la vie à Douharesse et celle de petites frappes du ghetto, et pourtant. Travaux sur la N89, l’album expérimental de 2017, semble avoir été très influencé par les bidouillages de Blond (avec parfois un e) de Frank Ocean par exemple.
Frank Ocean, natif de… oui… vous savez… oeuvre dans la néo-soul (pas surproduite ni revival, en équilibre entre les deux), il vient du hip hop (collectif Odd Future, Los Angeles) ; Lamar sort de Compton et connait un succès phénoménal avec des choses nettement plus ardues et moins bling bling que celles des nouveaux riches comme Jay-Z ou l’idiot Kanye West. On pourra parler de Frankie la semaine prochaine, place à Kendrick Lamar.
Sur l’exigeant To Pimp a Butterfly (2015), il y a ce beau morceau qui retrouve une sorte de légèreté (au moins musicale) à la Marvin Gaye époque I Want You (le sample vient en fait des Isley Brothers). L’affirmation de soi (i) est ici loin des clichés musculeux du rap puisqu’il y évoque sa dépression, la vie rude des rues de sa cité californienne et sa volonté de garder la tête haute et le sourire malgré tout.
Lamar avec sa petite voix si caractéristique. Il y a une espèce d’authenticité qui émane de ce mec. Respect.