Le Murat synthétique

Si les premiers hits de JLM sont bien marqués par leur époque (ces satanées années 80, synthés et prod’ lisse comme tout) et qu’ensuite les choses ont évolué, Murat n’a jamais tout à fait largué les amarres avec l’électronique. Ainsi, après un album plus acoustique (Vénus, 1993), il livre un chef-d’oeuvre assez franchement synthétique (Dolorés, 1996). Même l’excursion américaine de Mustango en 99 se verra transfigurée en concert (Muragostang, 2000) par les programmations de Denis Clavaizolle (pensons à lui rendre un hommage appuyé au fidèle Denis Clavaizolle, présent plus ou moins sporadiquement depuis 37 ans auprès de JLM et aujourd’hui dévasté par la disparition de son frère de musique).

Il faudra quand même ensuite attendre 17 années (en 2017, JLM se dit que bon Dylan et Young, ça commence à bien faire et il se prend de passion pour Frank Ocean et Kendrick Lamar soit la crème du r’n’b et du hip hop américain) pour voir le grand retour des synthés avec l’expérimental Travaux sur la N89. Il Francese (2018) suit le même chemin (sauf qu’il y a de vraies chansons cette fois) ainsi que Baby Love (2020) album funky marqué par le Marvin Gaye de Sexual Healing.

Sur ce Baby Love, il y a cette chanson à la ligne mélodique évidente, Si je m’attendais (ok, pas non plus le truc le plus synthétique qui soit, je vous l’accorde…).

Jean-Louis en grande forme. Gros clin d’oeil à Frank Ocean :

Chaque soir aux Pyramides
Quand chantonne Frankie

Pyramids étant un morceau de bravoure de Channel Orange, l’album de 2012 du chanteur natif de…. La Nouvelle-Orléans, yep.

On notera aussi :

Comme se levait l’aurore
Sur la Barre des Ecrins
Dans sa robe de safran

Qui a déjà admiré un lever de soleil sur la Barre des Ecrins sait de quoi il parle…

Et si jamais on est allergique à ce type de production, JLM en a proposé une version acoustique sur Baby Love DC :

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