La vérité sur Jeff Beck

La vérité sur Jeff Beck, c’est que quand j’ai vu sa tronche de vieil idiot (bon, il devait avoir 50 ans à l’époque dont je parle…) brandissant une guitare et vêtu d’un blouson en jean sans manches sur un poster affiché dans une salle de répétition d’une MJC de province, je me suis dit : qu’est-ce que c’est que cette merde ?

Le genre de gars à faire la couv’ des magazines de guitares.

Car oui, il semble bien que le Jeff soit quand même l’idole des zicos qui hantent les magasins de guitares et qui annoncent le tirant de leurs cordes (le diamètre) avec un sérieux abyssal comme s’il s’agissait d’une formule alchimique ancestrale.

Mais comme il faut savoir passer outre les apparances, j’ai remonté le temps (qui s’arrêterait sur les pantalons à pinces blancs du Bowie des années 80 ne connaitrait jamais le panthéon pop d’Hunky Dory) et suis donc allé à la découverte des Yardbirds et du Jeff Beck Group… On a vu tout cela quelques jours après sa mort… ICI.

Il restait à envisager les albums de jazz fusion du bonhomme, au moins Blow by Blow.

C’est chose faite. Vinyle orange à prix raisonnable, Blow by Blow a rejoint ma discothèque il y a déjà quelques semaines.

Alors, une fois n’est pas coutume, je vais présenter une musique qui ne me parle guère…

Par la même occasion, j’ai réécouté tout ce qui s’apparentait au jazz fusion dans ma collection : Miles Davis en premier lieu, magma sonore impressionnant, Mahavishnu Orchestra et sa folie guitaristique, Zappa, Soft Machine, Hancock, Weather Report, Jaco Pastorius, Donald Byrd… mais aussi Stanley Clarke ou les Crusaders… ouch… Histoire de voir où se situe le Jeff dans tout cela.

Bref, de la musique souvent (mais pas toujours, cf Crusaders ou Donald Byrd) pas facile à écouter, quelques fulgurances funk (Hancock), de vraies bizarreries (Soft Machine) et des choses très lisses (Stanley Clarke, Crusaders…).

Le verdict ?

Blow by Blow a beau avoir été produit par George Martin (producteur des Beatles), c’est décidément plutôt dans le groupe de queue que je le situerais (évidemment on peut risquer sa peau en disant cela, un étranglement à la corde de mi tirant Heavy est si vite arrivé). Trop propre, trop bavard à mon goût, il est probable qu’il prenne la poussière un bon moment sur mes étagères entre Beck (l’Américain) et The Bees…

Pour illustrer l’article, voici un morceau lent (le plus lent de l’album en fait) sur lequel on entend bien les arrangements de George Martin. Tout cela m’ennuie… mais pour être tout à fait juste, il y a quelques moments bien sentis, quand la guitare se tait enfin (désolé Jeff), vers 5’30, le solo de Fender Rhodes puis le tourbillon de cordes, il y a tout de même de la beauté là-dedans.

Laisser un commentaire