Attention, après des années d’expérimentation plus ou moins loufoques (un de leurs albums était composé de 4 cd qu’il fallait jouer simultanément sur 4 platines diffèrentes), les Flaming Lips sortent en 99 leur grand-oeuvre, aujourd’hui considéré comme un des sommets du rock alternatif des années 90, et parfois comparé au Pet Sounds des Beach Boys, rien de moins.

On avait évoqué ces gens lors de l’écoute de Youth Lagoon. Produit par le très demandé Dave Fridmann (ex-Mercury Rev, parfois nommé le Phil Spector des années 90-2000, rien de moins), le groupe offre des chansons plus accrocheuses et des mélodies plus évidentes que par le passé. La voix fragile du chanteur est soutenue par des arrangements fourmillants et un son de batterie puissant, marque de fabrique du producteur mentionné.
The Flaming Lips est évidemment profondément marqué par les années 60 et le psychédélisme. La pochette reprend d’ailleurs une photo de Neil Cassady, écrivain Beat et compagnon des Merry Pranksters (dont le leader était l’écrivain Ken Kesey), joyeuse troupe qui sillonnait les US en bus dans les sixties pour offrir des trips au LSD… Les membres du Grateful Dead (mais au fait, jamais parlé d’eux !) furent de la partie et tout ceci est raconté dans un livre de Tom Wolfe, The Electric Kool Aid Acid Test. Une autre époque quoi.

Pour autant, on est loin du pastiche ou de la reproduction à l’identique. The Soft Bulletin est définitivement un disque des années 90/2000 (les synthés, la production).
The Spark That Bled est une chanson à tiroirs qui montre toute l’étendue de l’univers musical du groupe. Des passages instrumentaux de grande beauté (1’37), une adresse à la mort I stood up and I said yeah, et des breaks de batterie vers 3’57.