Alors là, c’est de l’archéologie, il faut aller fouiller dans la discothèque…
Il y a plusieurs années, heureusement, on trouvait dans certaines grandes surfaces de véritables trésors, des coffrets de 20 cd chacun à prix dérisoire, bourrés jusqu’à la gueule (les cd font tous plus de 70 minutes) de titres très anciens de jazz, country, blues, rhythm and blues…
C’est assez fascinant, ces moments où les choses se mettent en place. Les techniques d’enregistrement s’affinent et certains genres parmi les plus féconds de la musique populaires, ceux qui nourriront en profondeur le XXe siècle, comme le blues, le jazz, la country…, posent leurs premières fondations (tout au moins des fondations écoutables aujourd’hui, pour les véritables fondations elles datent des décennies précédentes…).
Le tout premier exemple d’enregistrement semble dater de 1860 (un Français chantant Au clair de la lune), on peut aussi citer le célèbre chanteur d’opéra Caruso au tout début du XXe enregistré dans une chambre d’hôtel à Milan, on trouve en 1917 le premier disque de jazz par l’Original Dixieland Jass Band (oui, ils viennent d’où vous savez).
Il faut vraisemblablement attendre les années 20 pour que les Afro-Américains aient franchement accès à des studios d’enregistrements (mais il y a quelques exemples avant, le bluesman W.C. Handy notamment). Les membres du Original Dixieland Jass Band étaient blancs, deux d’origine sicilienne, un autre d’origine irlandaise… On peut aussi noter que la probable première publication d’une partition de blues (portant le mot blues dans son titre car le morceau sonne comme un ragtime) est aussi le fait d’un Néo-Orléanais d’origine sicilienne, Antonio Maggio, en 1908. Les Ritals en force donc.
Bref, le 16 février 1923, la chanteuse de blues Bessie Smith enregistre son premier disque à New York, accompagnée par le pianiste Clarence Williams, un Louisianais dont nous reparlerons d’ici peu. Elle en vendra 800 000 exemplaires rien qu’en 1923.

Elle chante ici un amour déçu. Il y a 100 ans donc (!). L’impératrice du blues.
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