
Si on parlait guerre, tiens. En 70, la maison Motown est encore un poil frileuse pour sortir en single des titres qui traitent directement des sujets sociaux ou politiques de l’époque. Les hits sentimentaux (mais toutefois géniaux) sont plus faciles à vendre. Les grandes oeuvres politiques (Marvin Gaye, Stevie Wonder…) arriveront bientôt mais, précautionneuse, la maison mère ne sort pas la version du morceau War des Temptations en 45 tours tout en se décidant à le faire enregistrer par Edwin Starr, soulman alors un peu considéré comme un second couteau.
Norman Whitfield, compositeur et surtout producteur arrangeur derrière les disques des Temptations se lâche pour coller avec le style puissant de Starr. Le résultat ? Un hit mais surtout un classique inoxydable de la soul et plus largement de la chanson contestataire. Evidemment, à l’époque il s’agissait de dénoncer les horreurs de la guerre du Vietnam. Les classiques sont faits pour servir en toutes occasions, de l’Ukraine au Yemen (comment ? Il y a une guerre au Yemen ?), et nous rappeler que la guerre, qu’est-ce que ça apporte de bon ? Absolument rien ! Sans doute pas la réflexion la plus profonde que l’on puisse imaginer sur le papier mais qui gagne en intensité par la magie des arrangements et la force de conviction du chant d’Edwin Starr. Superr misterr Starr.
Une réflexion sur “War by Starr”