Fou de Madness 3/28

C’est là qu’il faut parler de racisme. Comme d’autres groupes anglais de l’époque, Madness fait partie de la mouvance musicale ska revival, c’est-à-dire, une version blanche et britannique d’un type de musique né à la Jamaïque à la fin des années 50 (avant le reggae) et exporté à Londres par des immigrés des Antilles. Tout un tas de jeunes anglais blancs, les Mods, se prend de passion pour ce rythme sautillant (et aussi pour la soul américaine), adopte un style vestimentaire qui lui est propre… Les Mods d’origine ouvrière développent un sous courant à l’intérieur du mouvement Mod… et certains deviendront ce qu’on appelle les skinheads. A l’origine, il n’y a pas spécifiquement de lien avec l’extrême droite mais petit à petit certains skinheads s’en rapprochent.

Dans les années 70, il y a une 2e vague de skinheads, portée par le mouvement punk, dont font partie un ou plusieurs membres de Madness (apparemment Suggs mais sans doute d’autres)… Rien ne dit que ces jeunes gens furent proches de l’extrême droite à l’époque mais les concerts du groupe ont semble-t-il drainé des mecs pas jojo, dont il a fallu se débarasser et qui ont un peu entaché son image. Les autres grandes formations ska de l’époque, The Selecter, The Beat, The Specials comprennent toutes des musiciens blancs et noirs, pas Madness.

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En 1980, Madness sort un de ses sommets, le single Embarrassment, très influencé par la soul de la Motown, disponible sur leur 2e album, Absolutely (qui contient le génial Baggy Trousers, instantané prolo des années d’enfance)… La chanson est co-écrite par Mike, toujours lui, mais aussi par Lee Thompson, le saxophoniste du groupe. Madness est en tournée quand Lee apprend que sa très jeune soeur est enceinte… d’un homme noir… il comprend par bribes que le reste de sa famille a beaucoup de mal à encaisser la nouvelle… et écrit cette chronique douce-amère sur le racisme ordinaire. C’est fait avec beaucoup de finesse, il s’adresse directement à sa soeur en lui expliquant qu’il a reçu une lettre de sa famille et que les réactions sont malheureusement odieuses…

Pour la petite histoire, tout est bien qui finit bien, puisque dans la vraie vie, après la naissance de ce petit bébé noir, toute la famille craqua pour little baby Hayley, commme quoi !

Bref, dès 80, Madness renvoie dans les cordes avec beauté la frange raciste de ses fans, ce qui n’empêche pas les musiciens de continuer de faire les guignols… avec un je ne sais quoi de gravité en plus… Enjoy!

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