C’ÉTAIT MIEUX AVANT (EN TOUT CAS EN 1967), LA PREUVE PAR 100 : 50/100

Bon, ben, c’est maintenant l’alpha et l’oméga de l’année 67, le disque qui change la donne.

D’abord, faut rendre à César ce qui appartient à César. C’est Paul qui prend les choses en main en 67. Sans lui, rien de tout cela n’aurait eu lieu. Attention, ça veut pas dire que Lennon fait du caca ou traînasse dans son lit hein, Strawberry Fields Forever, A Day in the Life (en grande partie), I Am the Walrus, Lucy in the Sky with Diamonds, c’est lui hein… Mais celui qui pousse, celui qui essaye, celui qui fourmille d’idées, celui qui veut du concept, celui qui veut un film, c’est Paul, Paul, Paul. Et pourtant, Lennon est mon Beatle préféré.

Ensuite, bon, faut se rendre compte du boulot…

IL FAUT SE RENDRE COMPTE DU BOULOT !

En février, single avec deux faces A (ah, ah, oui, quand on a deux trucs pareils, on peut pas choisir), Penny Lane/Strawberry Fields Forever, plus grand 45 tours pop de l’histoire ?

UK single release: Penny Lane/Strawberry Fields Forever – The Beatles Bible

Fin mai, l’album Sgt. Pepper, donc… Voilà. On peut commencer le Summer of Love, on a la bande-son… Le monde entier écoute, apprend, en tire des leçons pour la suite…

On peut dire, et éventuellement regretter (comme le fait Nick Cohn dans A wop bop a loo bop a lop bam boom), que le rock passe de l’adolescence à l’âge adulte…

Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band - 50th Anniversary : The Beatles, The  Beatles: Amazon.fr: Musique

Fin juin, le groupe chante All You Need Is Love lors d’une retransmission mondiale vue par 400 millions de personnes dans 25 pays… Summer of Love

En juillet, le single All You Need Is Love, avec Baby, You’re a Rich Man en face B (morceau top, presque du Madchester avant l’heure)

All You Need Is Love single - United Kingdom

Fin novembre, le single Hello, Goodbye avec I Am the Walrus en face B (morceau, comment dire, bien bien au-dessus de la gentille face A, un monument du psychédélisme)

Hello, Goodbye single - United Kingdom

Fin novembre l’EP de 6 titres Magical Mystery Tour avec notamment, deux classiques certifiés, The Fool on the Hill pour Paulo et I Am the Walrus pour Lennon, donc.

Magical Mystery Tour EP artwork

Fin décembre, diffusion du film Magical Mystery Tour à la télévision britannique… et relatif petit échec… mais en même temps, diffuser un film aux couleurs psychédéliques en noir et blanc, bon…

Maintenant, bon, on peut gloser des heures pour savoir si Sgt. Pepper est le meilleur album des Beatles (Revolver tient la corde depuis pas mal d’années et c’est vrai que Revolver est magique, moins pensé, plus spontané) ou le meilleur album de l’univers (dans leur classement inclusif, attention, mot à la mode, le magazine Rolling Stone l’a récemment relégué derrière des gens comme Lauryn Hill, elle-même devant Aretha Franklin, bon…) , son importance et son influence, pour le meilleur (les Zombies d’Odessey and Oracle, In the Court of the Crimson King de King Crimson, Around the World in a Day de Prince…), pour le pire (les errements de certains groupes de rock progressif viennent aussi de là) et pour le entre les deux (Their Satanic Majesties Request des Stones, parfois génial parfois à côté de la plaque, The Seeds of Love de Tears for Fears, surproduit mais les clins d’oeil beatlesiens sont savoureux…) ne sont plus à démontrer…

On va donc, parmi toutes ces chansons, en choisir une de Paul, parce que bon, quand même, une dont on a déjà parlé ici et là… et dont on reparlera demain… She’s Leaving Home, histoire d’une fugue, Lennon fait les choeurs… On prend la version mono, celle que les gens ont écouté à l’époque. Avec, pour ceux qui suivent, des arrangements de Mike Leander.

Non, mais non, la blague, on peut pas s’en tirer comme ça sans remettre A Day in the Life… Merde quoi, Lennon est au sommet, son chant c’est du frisson garanti, Macca fait son petit pont sautillant, tous se joignent aux choeurs planants, passage psychédélique, note de piano de 42 secondes, partition qui tombe, chaise qui grince, mec qui compte les temps… tout cela, mesdames et messieurs, c’est de la folie douce…

Voilà, c’était Sgt. Pepper, c’était les Beatles, les mêmes mecs qui 5 ans auparavant chantaient Love Me Do. Y’a pas eu de trajectoire similaire depuis et y’en aura plus, c’était mieux avant. CQFD. Ah ah.

On pourrait s’arrêter là tellement 67 fout la honte à pas mal d’autres années, mais non, y’en a encore 50, au moins, à s’enquiller… et pas des fonds de tiroirs… loin de là…