Les années 80 sont finalement formidables 33/100, Keep the Faith…


Hum, la soul et le funk des années 80…

Clarifions d’emblée la chose. Je vénère la soul des années 60/70 (que ce soit celle dosée à 100% de Stax, celle aux velléités plus pop de Motown ou encore les douceurs de Hi Records) et je me prosterne devant le funk de la première moitié des seventies.

Les singles des Jackson 5, des Supremes, des Temptations, des Four Tops, des Miracles, des Marvelettes et autres sont des merveilles, les albums d’Otis Redding, d’Aretha, de Dusty Springfield (amour) de Smokey Robinson, des classiques inoxydables…

Ceux d’Isaac Hayes, Curtis Mayfield, Stevie Wonder, Gil Scott-Heron et Marvin Gaye des années 70 sont des merveilles sans nom, panthéon direct. Sly Stone, Funkadelic, Parliament, Bootsy Collins des démons du groove imparables.

Mais la soul/funk des années 80, pouah, la purge… Je revois les soirées à Franklin, c’était le clip du Mia tout craché, Shalamar, Imagination, les p’tits pas de danse qui vont bien en survêt’ de foot immaculé… pfff…. J’ai l’impression que c’est le genre qui s’est le plus vautré dans la ringardise absolue des ces années. Tout est moche, à commencer par les pochettes. A la limite, tu regardes juste les pochettes et t’as une idée de la musique qu’il y a à l’intérieur.

Non, messieurs, ça c’est pas autorisé…

Alors que Curtis et son costard jaune top seventies, c’était quand même autre chose…


Les grands noms cités plus haut font pour la plupart n’importe quoi. Des chansons faiblardes ou carrément bourrées de guimauve, le roi étant sans doute Stevie Wonder qui t’appelle juste pour te dire je t’aime… Non, pardon, le roi de la guimauve c’est Lionel salut, c’est moi que tu cherches ? Richie. Le seul mec qui a l’air de pouvoir rivaliser avec Freddie Mercury niveau nombre de dents. 

Bref, non seulement les chansons ne sont pas à la hauteur mais la prod’ ramasse tous les tics de l’époque : batterie enclume, synthés à gogo, son propre comme un bloc opératoire…. Beurk. On peut éventuellement s’amuser sur Sexual Healing et trouver ça pas mal si on est indulgent, puis on se souvient des glorieuses années de What’s Going On, Let’s Get it On, I Want You, Here, My Dear et on va fissa faire un footing histoire de perdre les kilos qu’on vient d’attraper par les oreilles…

Bref, bande-son idéale des chauffeurs de Uber. Ca, je l’ai déjà dit ailleurs

Alors bien entendu, on va me rétorquer :  et Prince ? Et Michael Jackson ? (Voire, et Rick James ? si on est un peu plus au courant.). Bien sûr, bien sûr… Kiss, Billie Jean, c’est direct dans ta face… M’enfin, les grandes heures de Prince seront pour moi à jamais ternies par leur production. Datation au carbone 14 : années 80, 100% certifiées.

Et puis Thriller, faut se farcir quand même un tas de morceau estampillés soft rock californien, pas loin de Toto… Off the Wall sonne plus seventies. Bref.

Alors, bon… Peut-être qu’il existe de l’indie soul dans les années 80, mais ça m’aura échapper. Alors que faire ? J’en sais fichtre rien. Ou plutôt si. Choisir des blancs becs venu d’Angleterre, fans de Northern Soul, dont ils reprennent ici un des classiques.

La Northern Soul, késaco ?

C’est un genre de soul lié à un mouvement de la jeunesse britannique né vers la fin des années 60, des jeunes gens férus de soul rapide et obscure qui se réunissaient pour danser, savamment sapés, dans des boîtes devenues mythiques…

Donc bon, les Dexys Midnight Runners reprennent un des titres phares du genre… et tout cela sonne parfaitement… en 1980… et puis la pochette est classe !


Et la version originale de 1967…

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