
Ah, ah… Non, mais sans blague, ces mecs sont géniaux. Voyous, dealers, branleurs, leur légende n’arrive pas à dépasser la réalité.
Qu’est-ce qui se passe en Angleterre en 88 et 89 ? La house music débarque de Chicago et Manchester chavire, gobe de l’ecstasy comme des Smarties, et devient très friand d’un sous genre de la house, l’acid house.
Toute une génération pense que cette pilule de l’amour va sauver le monde… C’est le Second Summer of Love, le début des raves…

Les mecs d’Happy Mondays plongent la tête dedans. Shaun Ryder chante bizarrement, les gars tentent de jouer un funk un peu tordu, teinté de soul et de psychédélisme, fait d’emprunts flagrants à des morceaux existants et avec des bouts de house music dedans. Tout cela n’a pas forcément bien vieilli mais bon. Il faut savoir que le grand oeuvre des Mondays est un album sorti en 90, mais on va s’écouter ce Wrote For Luck de 88 et surtout regarder comment c’est de tourner un clip où tout le monde est sous ecstasy. C’est certain que Shaun plane très très haut (y’a qu’à voir son sourire vers la 23e seconde, ah, ah…).
Quelques faits d’armes :
- Leur nom viendrait du fait que contrairement au gens qui travaillent, leurs lundis étaient heureux car, voyous et chômeurs invétérés, ils se reposaient des excès du week-end…
- Ils ont piqué leurs premiers instruments dans une école…
- Shaun Ryder s’est un jour trompé de salle de concert et s’est pointé sur scène lors d’un concert de Simply Red alors que son groupe à lui jouait dans une salle voisine…
- Ils ont empoisonné, pour rigoler, 3000 pigeons de Manchester…
- Ils ont dans leur groupe un mec qui s’appelle Bez et qui fait rien que danser comme un poulet avec une tête de déporté sous acide…

- Après le succès de Pills ‘n’ Thrills and Bellyaches, la maison de disques les a envoyés enregistrer à la Barbade où ils ont commencé à se défoncer au crack et à financer la drogue en vendant le mobilier du studio (on les aurait vus en train de trainer un canapé au bord d’une route pour essayer de le vendre)…
- Toujours à la Barbade, Bez a eu un accident de voiture et après l’opération un de ses bras a commencé à gangrener….

Bref, si les Stone Roses étaient les Beatles de la période Madchester, les Mondays jouent évidemment le rôle des Stones…
En 92, leur histoire s’était terminée de manière assez abrupte. Ils sont rentrés de La Barbade avec un album appelé Yes Please!, qu’un critique anglais avait commenté de façon lapidaire : No, thanks.
Ah ah.
Le Shaun était de toute façon complètement accro à toutes sortes de drogues et plus bon à rien. Fermez le ban.
Et sinon, votre serviteur a un nouvel enregistrement ici.
Une réflexion sur “Les années 80 sont finalement formidables 14/100, pilule de l’amour…”