
Les fesses de Springsteen, lui-même en train de faire pipi (?) sur le drapeau américain forment une image parmi les plus représentatives des années 80. La batterie colossale, les synthés et la voix puissante du chanteur demeurent un exemple typique des productions mainstream de cette époque. Trop à mon goût. Parfaitement indigeste.
Mais, mais, mais…
Rappelons que le boss a sorti Nebraska, nu et épuré (sans doute le disque préféré de Springsteen de ceux qui n’aiment pas vraiment Springsteen), quelques années avant (1982) et que la chanson qui nous intéresse aujourd’hui a été enregistrée sous forme de démo à cette époque (sortie en 98 sur le disque Tracks, merci papa). Et c’est formidable. Dégagée la production années 80, retour à Elvis et au Sun Studio (ou presque). Parfait !
A l’heure où le pays s’aventure dans un jeu de représailles inquiétant, on peut écouter cet hymne anti-guerre (oui, oui, faut-il le rappeler ?) dans sa version nebraskienne… Une guitare sèche, beaucoup d’écho, voix fiévreuse… La classe.
Et puis, j’ai une tendresse pour le personnage, en voilà un qui regarde l’Amérique profonde dans les yeux, à hauteur d’homme, sans se boucher le nez, un working class hero, un vrai.
Une réflexion sur “Les années 80 sont finalement formidables 5/100, une question de production…”