Douceur



A première vue, le truc ne me dit rien qui vaille, une jeune métisse (?), la mine fraiche, décor exotique, un nom avec plein de a dedans, un passé familial chargé (le père a fui Grenade lors de l’intervention américaine dans les années 80) mais une capacité de résilience qui trouve son accomplissement dans la musique… Ca sent les acrobaties vocales et la surcharge émotionnelle sur fond de world-music soft qui vont tant plaire à Nagui et les 4F dans Télérama.

Mais en fait, non, pas du tout. Je veux dire, ça pourrait avoir 4F dans Télérama et plaire à Nagui, mais pas d’acrobaties vocales qui masquent l’absence de chansons, pas d’exotisme propre sur soi, non.

La production procure un confort sonore moelleux qui pourrait parfois conduire à une sorte d’inconsistance musicale pas désagréable mais finalement seulement utile à l’habillage sonore d’une soirée tranquille entre enseignants du premier degré.

Sauf que la dame, à une seule exception près (une reprise d’une chanson traditionnelle, courte et mignonne), ne force pas dans l’exotisme. Non, son truc c’est la musique des Appalaches. Alors, le producteur a beau avoir offert une patine soul à l’ensemble (pas mal du tout en l’occurence), le banjo n’est pas loin, et la retenue dans l’interprétation, le sens mélodique et la voix, qui n’est pas sans rappeler celle de Gillian Welch, ajoutent au charme absolu de cet album.

Dernier détail, le disque sort sur le label Smithsonian Folkways Recordings, lié à la Smithsonian Institution, le musée national des Etats-Unis, dont le but est de promouvoir la musique du monde entier, de soutenir le travail d’artistes traditionnels et de se consacrer à la diversité culturelle, l’éducation et la compréhension entre les peuples. Si c’est pas très Télérama tout ça…



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