
La pochette (c’est précisé qu’ils l’ont faite eux-mêmes et qu’ils ont failli être carbonisés) est à peine croyable et les photos intérieures encore pire. Au mieux, tu leur mets un tablier, derrière un comptoir et hop, ils te servent 2, 3 tranches de jambon, au pire, les mecs rappellent les péquenots dégénérés de Délivrance…

Eh, eh, viens jouer d’la gratte avec nous, viens…
En plus, ces gars ne rigolent même pas, c’est tout du premier degré, Satan est réel, l’enfer est un vrai endroit de punition sans fin et tout le tralala. Des fondamentalistes, sans aucun doute.
Oui, mais voilà, ce disque de country gospel (sorti en 1959) est vénéré. Et pas par n’importe qui : Jim James de My Morning Jacket, Beck ou encore Devendra Banhart, Dolly Parton… Et repris, par mes héros, The Byrds. Donc respect.
Allez hop, The Christian Life par les deux frérots et ensuite par les Oyseaux, c’est pur et vrai. Ces gars n’iront pas faire la bringue malgré l’insistance de leurs potes car ils aiment la vie chrétienne. Aussi simple que cela. Pas du genre à picoler d’la Chartreuse dans un tripot de La Nouvelle-Orléans* **…
Sur le (presque, Gram Parsons avait fait quelque chose avec ses potes, juste avant, le gredin) premier disque de country-rock de l’histoire…
*En fait, si, y’en a un des deux qui était fréquemment bourré, qui pétait sa mandoline sur scène, qui a failli étrangler Presley, qui battait sa femme (qui lui a tiré deux fois dessus histoire de lui remettre les idées en place), qui arrivait en retard au concert… L’autre frangin était d’aplomb.
**J’avoue, j’ai péché. La Chartreuse est mon amie et elle me rappelle d’où je viens…
Une réflexion sur “Entre commis charcutiers et violeurs d’enfants”