
Episode 3/4
« Pulp aura été le joyau de l’année, mon seul vrai motif d’enthousiasme. En premier lieu, c’est un groupe que je suis fidèlement depuis des années, l’un de ceux qu’on avait l’habitude de se partager entre gens informés mais que l’on croyait condamné à la confidentialité. En second lieu et c’est là ma plus grande joie, Pulp aura ridiculisé Blur et tous les prétendus lads en atteignant la perfection dans l’exercice de la chronique populaire. Tous ces connards pensaient avoir trouvé un ton, une attitude. En vérité, ils ne faisaient que copier sans talent le travail précis et mordant de Jarvis Cocker. Pour moi, le triomphe de Pulp est donc porteur d’espoir : il signifie qu’une certaine notion de justice peut aussi exister dans le monde de la musique, qu’il ne faut jamais baisser les bras. J’ai un seul regret au sujet de Pulp : c’est que le groupe ait un peu perdu ce côté tordu et maladif qu’il avait avant l’album His’n’hers. Musicalement, c’est plus lisse, moins renversant. Idem pour leur image : je trouvais Jarvis Cocker plus impressionnant dans sa chaise roulante, après son accident, que dans les vêtements brillants qu’il porte aujourd’hui. Mais même dans une version plus abordable, Pulp reste l’un des rares groupes subversifs de l’époque. »
Luke Haines, 1995
Cette fois, je ne vais pas écouter le maître Haines et choisir une chanson de His’n’hers que j’adore. Voir ces années 90-là me donne la larme à l’oeil. Mais c’est sans doute le cas de toute personne qui sait sa jeunesse disparue… Snif.
5 réflexions sur “Un peu de pulpe”