Les Pixies ? C’est pas bien, le chanteur est un gros nourri aux hamburgers qui ne sait pas chanter.
Hum…

C’est ce que j’ai entendu au lycée de la part d’un prof d’anglais à la connaissance musicale encyclopédique. Donc, soigneusement, je me tenais à l’écart des Pixies, et puis de toute façon, je n’aime pas beaucoup la musique violente.
Et puis, à force de lire dans les magazines de l’époque (début des années 90), Les Pixies sont le plus grand groupe du monde, forcément… On a quand même envie d’essayer.
A la fac, un gars me prête Trompe Le Monde en K7, le dernier album, peut-être le moins aimé de tous. Mouais, dubitatif, je m’installe dans le salon, mets la K7 dans la stéréo, monte le son, parce que quand même, il faut que ça pète.
Un choc, une révélation, estomaqué par ces 15 morceaux s’enchaînant sans temps morts, j’ai tout acheté, tout avalé, tout adoré (à la limite, seul le premier album m’a un peu déçu à la première écoute). Avoir 18 ans, découvrir les Pixies, c’est magique.
Sans parler de leurs mystérieuses pochettes de disques.
Qu’est-ce que c’est les Pixies ? Un sex-appeal proche du néant, un groupe qui n’est à l’époque jamais sorti des ornières du rock indépendant (laissant à Nirvana le soin de rafler la mise en leur piquant presque tout). C’est aussi, la furie, la folie, les raccourcis, les décrochages, les multiples idées au sein d’un même morceau, les lignes de basse, les décharges de guitares, les crises de Black Francis, la fragilité de Kim Deal.

I love Kim Deal!
Ils écrasaient la concurrence : la bizarrerie de Sonic Youth mais avec une évidence pop autrement percutante, la folie de Black Francis foutait la honte à tous les métalleux de la terre avec leurs cheveux longs, leurs grigris satanistes et leurs solos de guitares affreux. Black Francis, c’est votre gentil voisin bedonnant qui tond la pelouse le jour et qui se transforme en parfait serial-killer la nuit. Pas besoin d’artifices.
C’était vraiment le plus grand groupe du monde.
Depuis 91, ils se sont reformés, d’abord pour des concerts, puis pour des albums. Mais rien à faire, la magie est partie (comme Kim Deal…). Black Francis est aussi devenu Frank Black, Kim Deal a continué à jouer avec les Breeders (un album vient de sortir !).
Je suis bien en mal de n’en choisir qu’un, entre les douceurs de Ana, la folie de Rock Music, le classicisme de Here Comes Your Man ou les sommets que sont Monkey Gone To Heaven et All Over The World.
Je vais prendre le morceau qui rend fou. All Over The World. Tout est là.
Les accalmies et les tempêtes, la basse de Kim Deal, la guitare empoisonnée de Santiago, la fascination pour l’espace de Black Francis, la puissance du groupe et en bonus, un final tourneboulant…
A écouter très très fort s’il vous plaît.
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