Nouveau !

Résultats de recherche d'images pour « neu! 75 »

Allez, on va s’écouter des trucs un peu plus compliqués.

Fin 60, début 70, le rock cherche… Les Américains et les Anglais montent le son, font des longs solos, des longs morceaux, écrivent des concepts albums avec des trolls ou des chevaliers teutoniques, se prennent pour Jean-Sébastien Bach, plantent des couteaux dans leurs synthés, emballent leurs disques dans des pochettes style Le seigneur des anneaux.

Résultats de recherche d'images pour « emerson knives keyboard »

Rhaaaa

 

Tales from Topographic Oceans

Cherchez le hobbit…

 

Bref, des conneries que les punks enverront balader avec un bon glaviot dans la figure.

Tous ces vieux qui vénéraient les instrumentistes se sont sentis menacés par la nouvelle génération. Ça faisait des années qu’ils prenaient des cours de guitare, qu’ils suaient pour jouer comme Clapton et, soudain, des merdeux incompétents sortaient des disques, s’affichaient dans la presse. Le punk a été un formidable pied de nez à tous ces cons de musiciens.

Pete Shelley – The Buzzcocks

 

En Allemagne, à la même époque, on cherche aussi mais un peu différemment. Et surtout, on pose les bases d’un truc qui aura une sacrée influence… sur Bowie, Eno, l’after punk, la musique électronique, le (attention, on prend un air sérieux et concerné)… post-rock (ouah !) et même certains trucs de hip hop, rien que ça. Snobisme (possible) ou attrait d’un certain exotisme (même si niveau exotisme, hum, Düsseldorf, bon…), toujours est-il que oui, les morveux du punk anglais n’auront pas de mots assez durs contre Pink Floyd mais vénéreront Can… C’est comme ça.

Des noms ? Can (donc), Faust, Neu!, Tangerine Dream, Kraftwerk, Ash Ra Tempel, Popol Vuh, Cluster, Amon Düül II, oui, c’est vrai, des noms pareils, ça peut faire flipper… Ces gens sont gentiment allumés et s’intéressent aux musiques expérimentales (le minimalisme américain, le free jazz, ou chez eux Stockhausen), mais aussi quand même au rock, ils ne crachent pas sur la technologie (les synthés), vivent parfois sous forme de collectifs un brin anarchisant (on est dans les années 70, hein).

Au début, le public et la presse rock ne captent pas trop ce qui se trame. C’est le problème avec les trucs un peu expérimentaux, la frontière entre le génie (bon, c’est pas Léonard de Vinci non plus hein, on est d’accord) et le foutage de gueule n’est pas toujours claire…

Commençons le voyage en compagnie de Neu!. Je les aime bien ceux-là, deux ex-Krafrwerk. Que font-ils ? Grosso modo, il y a deux types de morceaux, des trucs un peu planants qui annoncent à peu près tout Brian Eno et des trucs plus rapides, répétitifs, qu’on qualifie de Motorik, fichtre. Parfois c’est aussi planant ET répétitif.

Il y a quand même chez eux, dès 72, sous la forme de pistes à défricher, pas mal du futur Brian Eno, je viens de le dire, le Bowie de la fameuse trilogie berlinoise, le son de Joy Division, la folie de The Fall, les guitares de Sonic Youth, les marteaux-piqueurs de Einsturzende Neubauten et les rythmiques de Stereolab, voire, aujourd’hui, de The War On Drugs. Et j’en oublie…

Ici, un truc de 75 qui, placé sur le Before And After Science de Eno ou le Low de Bowie, n’aurait rien eu à envier aux autres morceaux… Comme un paysage désolé, un bord de mer, des blocs de granit disséminés, une végétation rare, quelques cris d’oiseaux volant bas, un ciel gris… Bande-son idéale pour les îles Diomède ?