And this loneliness won’t leave me alone (I)

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Evidemment, Otis Redding est un monument indétrônable de la soul sudiste américaine, avec son allure de bon père de famille, il est l’auteur ou l’interprète de plusieurs standards tels que Respect, Try a Little Tenderness, I’ve Been Loving You Too Long, ou encore (Sittin’ On) The Dock Of The Bay.

Je voulais m’arrêter sur la magie de ce dernier morceau. Un Otis Redding d’humeur nostalgique se souvient avec du vague à l’âme de sa Géorgie natale alors qu’il est dans la baie de San Francisco.

Les bruits de l’océan, la basse ronde, la guitare acoustique, la tendre mélodie, le rythme paisible, la guitare du mythique Steve Cropper, les cuivres doux,  le contenu des paroles, les sifflements et la retenue du soul man, tout cela confère à la chanson une dimension presque évanescente et hors du temps. Beau.

La version que l’histoire retiendra est une version qu’Otis Redding aurait bien aimé travailler un peu plus… Enregistré entre le 22 novembre et le 7 décembre 67, il semble que le chanteur et son équipe auraient souhaité renforcer un peu en soul un morceau qu’ils considéraient trop pop, en tout cas un peu éloigné de son style habituel et de celui des productions Stax de l’époque. Le destin en décida autrement, le 10 décembre 1967, son avion s’écrasait dans un lac du Wisconsin, il avait 26 ans.