
Le gentil Mark E. Smith
Les fans de rock connaissent son nom et celui de son groupe, obligé, il occupait le terrain depuis 40 ans. Personnage à l’irascibilité légendaire, Mark E. Smith de The Fall vient de casser sa pipe. Et le truc, tout honteux que je suis, c’est que le mec a sorti, quoi, une trentaine de disques et que je n’en ai qu’un… Et en plus, j’accroche pas… Donc bon. J’f’rais mieux d’la fermer.
Le truc le plus marrant, c’étaient les interviews, le gars dégommait à tour de bras tout ce qui passait, surtout ses congénères. Sinon, côté musique, c’est de l’after-punk aride et pas mélodique pour un sou, nourri aux versants les plus rugueux du rock, de Captain Beefheart aux Allemands de Can (une chanson est d’ailleurs intitulée I Am Damo Suzuki, nom du deuxième chanteur de Can). Le gars a vu la lumière lors d’un concert des Sex Pistols, a usé une soixantaine de musiciens à cause de son tempérament, disons, changeant, nul doute que la Mort a déjà dû morfler. Ah, et sinon, vénéré par beaucoup, Smith avait un fan de premier ordre, The Fall était le groupe préféré de John Peel.
Extraits d’interview :
Bien sûr, nous avons influencé beaucoup de groupes. Mais lorsque je les écoute, j’en suis terriblement gêné… « Bon Dieu, comment ai-je pu influencer une telle horreur ? » (rires)… Je suis vraiment désolé si je porte la moindre responsabilité dans la musique de Sonic Youth ou des Butthole Surfers. Monde, je t’en prie, excuse·moi (rires).
Sans arrêt, des connards me demandent de venir jour avec eux, pour un single… « Hey, moi, je joue dans The Fall, c’est tout, OK » (rires). Ça me rappelle tous ces super-groupes des seventies, le meilleur bassiste du monde avec le meilleur batteur du monde… Johnny Marr est une caricature de cette attitude, il jouerait avec n’importe qui. J’ai dû le virer plusieurs fois des studios où nous enregistrions. Il entrait le sourire aux lèvres en nous disant « Je vais jouer un peu de guitare sur un de vos morceaux. » Et je lui répondais « Non, tu ne joueras pas. Nous avons déjà trois guitaristes, va te faire foutre » (rires).
Allez, on fait vrombir tout ça… Attention, c’est pas du Rondo Veneziano…
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