
J’étais inquiet. Un seul musicien a le pouvoir de me manquer physiquement, ce creux à l’estomac quand je ne l’ai pas entendu depuis quelques temps (ce creux qu’on a enfant, les dimanches soirs d’hiver quand on sait qu’il faut retourner à l’école le lendemain). Et ce musicien, au risque de surprendre, c’est JL Murat. Et oui. Jean-Louis Murat, l’Auvergnat.
Je lui pardonne tout, les duos avec Mylène Farmer, Carla Bruni, Camille (elle, elle est particulièrement infernale avec ses pieds nus pour ressentir les énergies cosmotelluriques du vortex intergalactique, pouah, effet laxatif garanti), les synthés toc du début, les chansons ratées (Comme au cinéma, c’est quand même vraiment pas terrible)…
Je ne sais pas, c’est la langue française, son amour de la nature, j’adore, j’adore, j’adore. Vénus, L’irrégulière, Le voleur de rhubarbe, les Frelons d’Asie, Le monde intérieur, Colin maillard, Au cabaret, En souvenir de Jade, La maladie d’amour, les duos avec Jennifer Charles (ah, c’est autre chose que les 3 citées plus haut), Dordogne, Le lien défait, Le venin, et j’en passe… Et le bonhomme est infatigable, il pond un album par an, quasiment, et là, rien depuis avril 2016.
Et puis plusieurs signaux alarmants, un album intitulé Morituri, alors, l’éducation nationale ne m’a jamais proposé d’être dans ces classes de bourgeois (c’est comme ça qu’on les appelait à l’époque) qui font grec et latin, mais j’ai lu Astérix hein ! Et puis, une non participation à un concert de charité annuel à Clermont, pas de tournée pour défendre l’album, cet extrait d’interview :
J’en ai un peu ras-le-bol du train-train en fait. Ce n’est pas sûr que j’enchaîne les disques comme jusqu’à aujourd’hui. Peut-être qu’il y a, pour moi, désormais des choses plus intéressantes que de faires des disques.
Vous êtes en train de dire que Morituri est, peut-être, votre dernier album ? Ben ouais… Je ne vais pas faire ça 107 ans. J’ai toujours pensé que faire de la musique éait un mode de vie indépassable. Monter sur scène, écrire des chansons, etc… Et là, le business est tellement bourré de cons que je ne suis plus certain que ce soit intéressant. Donc, je vais faire autre chose….
Quoi ? Je ne vais pas te le dire tout de suite. Faire de la musique, comme on le fait en France aujourd’hui, n’est plus aussi épanouissant. Le pays est devenu… Comment dire… ? Il n’y a plus vraiment à chanter. L’humeur n’est plus à ça aujourd’hui.
Et enfin, ce morceau qui clôturait l’édition CD de Morituri, comme un clap de fin, une de ses plus belles chansons : la dépression, l’évocation de lieux, un tempo alangui, cette poésie débridée et un peu absconse et puis cette voix. J’adore ce mec. Je pleure en l’écoutant.
Ps : Et puis en fait, non, on sait bien qu’il a l’habitude de dire un peu tout et n’importe quoi, le 24 novembre, hop, il remet le couvert. Joie ! J’étais inquiet, je ne le suis plus. Ah ah ah !
Je viens de voir ça, du coup, il y a 2 chansons de la semaine cette semaine !
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