
Ainsi donc, Glen Campbell nous a quittés.
Cela va me permettre de mettre en lumière Jimmy Webb et Bobbie Gentry.
Entre les débuts d’Elvis et l’arrivée des Beatles, la composition des tubes américains étaient une affaire trop sérieuse pour être laissée à n’importe qui. Des équipes de compositeurs aguerris ont alors, durant ces quelques années, servi sur un plateau des kilos de rockeurs (Elvis) et girl groups (Ronettes) qui n’en demandaient pas tant.
Des noms ? Leiber/Stoller, Goffin/King, Pomus/Shuman, Bacharach/David, Mann/Weil, Greenwich/Barry. Tout ce beau monde bossait plus ou moins dans un building new-yorkais, le Brill Building. Il faudrait aussi parler de Phil Spector évidemment et de la Wrecking Crew, équipe de musiciens de choc au service des productions pop de l’époque. Dont Glen Campbell faisait partie en tant que guitariste. Parce que non seulement on avait des compositeurs de premier plan mais certains artistes avaient en plus la chance de passer entre les mains de Phil Spector, un des plus grands producteurs de l’histoire du rock. D’autres, ça c’est plus embarrassant, se voyaient même remplacés par les musiciens de studio de la Wrecking Crew, le temps de quelques titres, c’est arrivé aux Beach Boys et aux Byrds…
Alors évidemment, tous ces noms ne vont pas dire grand chose, mais il suffit d’aller écouter leurs tubes chantés par d’autres, tiens, Jailhouse Rock pour Leiber et Stoller par Elvis, The Loco-Motion pour Goffin et King par Little Eva, His Latest Flame pour Pomus et Shuman par Elvis encore, Raindrops Keep Fallin’ on My Head pour Bacharach et David par P.J. Thomas, You’ve Lost That Lovin’ Feelin’ pour Mann et Weil par Righteous Brothers et Be My Baby pour Greenwich et Barry par les Ronettes pour se rendre compte du truc. Phénoménal. L’Everest.
Tout ce beau monde a été ringardisé par les arrivées quasi-simultanées des Beatles et de Dylan. Finie la mode des compositeurs, place aux auteurs-compositeurs-interprètes.
Mais certains font de la résistance, Jimmy Webb par exemple. A l’ancienne, il est compositeur, et avec qui il entame une collaboration fructueuse ? Glen Campbell. Le chanteur de country de ces dames.
By the Time I Get to Phoenix, Wichita Lineman, Where’s the Playground Susie, Galveston, MacArthur Park, tout cela fait partie de la légende dorée de la musique populaire américaine, chantée par les plus grands, Elvis, Dylan, Sinatra, par exemple. Et oui, rien que ça.
Bref. Aujourd’hui, je choisis Where’s the Playground Susie que Bobbie Gentry, ami de Glen Campbell, a repris la même année également (1969), sous le titre Where’s the Playground Johnny. Pop orchestrale et grands chanteurs au programme.
Je n’en ai pas fini, ni avec Jimmy Webb, ni avec Bobbie Gentry. A la semaine prochaine, on commencera par madame.

Campbell et Webb avec l’ami Nilsson
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