
Un jeune homme aux dents longues, à l’allure à peu près cool, prétendant offrir une nouvelle offre politique entre libéralisme et la social-démocratie, ça vous dit quelque chose ?
Tony Blair, n’est-ce pas ?
Bon, depuis que je m’essaye aux pronostics électoraux, j’ai eu tout faux. J’ai joué Clinton contre Trump et j’avais prévu la victoire de Fillon.
Comme je ne voulais pas jouer Macron contre Lepen, au risque de dire une connerie une nouvelle fois, j’ai attendu sagement…

Et donc tout cela, cette prétendue 3e voie, blablabla, ça m’a rappelé Tony Blair, donc Noel Gallagher en photo avec lui, donc Oasis, donc Blur, donc la Brit-Pop, donc Suede, le groupe qui a vraiment lancé le mouvement. A Oasis les hymnes parfois irrésistibles, parfois bas du front, à Blur la pop anglaise rutilante chapardée aux 30 années précédentes, à Suede le brillant recyclage glam-rock (Bowie période Ziggy Stardust, pour faire court). Complétons quand même le tableau avec Pulp, losers des années 80, reconvertis en machine à tubes dans les années 90. Sans doute les plus originaux des 4.
La Brit-Pop, sinon, c’est quoi ?
Vers 92/93, les mouvements musicaux de Manchester en particulier (Madchester = dance-music + sixties = Stone Roses et Happy Mondays, miam) et de l’Angleterre en général (shoegazing = bruit + mélodies = My Bloody Valentine, Pale Saints, Slowdive, miam) ont un peu du plomb dans l’aile, l’Amérique grunge (boucan + mal de vivre) a la vent en poupe mais bientôt du plomb dans la cervelle (1994, Kurt Cobain mort), il faut de nouveaux héros à l’Angleterre.
Etre un héros de la pop, ça tombe bien, Brett Anderson en a terriblement envie, avec son groupe Suede, doté d’un guitariste faramineux, ils balancent bombes glam sur bombes glam, lancent un mouvement que la presse anglaise s’empresse de faire mousser, la Brit-Pop est née. Oasis et Blur en seront les héros, Pulp et Suede aussi, suivis par une myriade d’autres groupes. L’œil est dans le rétro, les sixties surtout, les groupes dits alternatifs rentrent dans le mainstream (mais ça Nirvana et R.E.M l’avaient déjà fait). Et donc, Tony Blair en profite pour soigner son image cool auprès de la jeune génération en invitant Oasis au 10 Downing St.

Ici, une prestation mémorable, crâneur comme jamais, le Brettounet balance son tube Animal Nitrate, sûr de lui, méprisant ; on met ça à fond, on déchire son t-shirt, on se la joue androgyne, on remue ses petites fesses, c’est parti : Oh it turns you oooooonnnnnn, oooooooonnnnn etc… J’avais 19 ans et c’était bien.
Oh, comme je l’ai savouré celui-là !

Bon, en réalité, faut arrêter de déconner, le meilleur album de Brit-Pop est sorti avant que le mouvement existe, et c’est par là que ça se passe.
Ah, et sinon, la 3e voix c’est de la blague, c’est juste du libéralisme drapé dans une image cool, jeune et dynamique. Ça peut finir comme ça :
Faute de trouver un dentiste appartenant au National Health Service (NHS), le système public britannique, certains Anglais n’hésitent pas à s’arracher eux-mêmes des dents ou à se faire un détartrage avec un tournevis.
Ca fera un peu plus de sans-dents.
Bisous.

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