Easter

XTC est la quintessence du groupe pop anglais, influences presque exclusivement britanniques, mélodies insensées, anglocentrisme affirmé, une touche de Lewis Carroll…

Né sur les cendres du mouvement punk (1978), XTC démarre typiquement new-wave (le tube Making Plans For Nigel, signé par le guitariste du groupe) mais son leader, Andy Partridge n’a qu’une seule ambition :

Je suis pétrifié à l’idée de ne pas avoir exorcisé les fantômes de tous les gens que j’admire, de ne pas avoir été meilleur qu’eux… Je veux vaincre Ray Davies, Lennon, McCartney, Burt Bacharach et Brian Wilson. Je veux tous ces gens morts, à mes pieds.

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Personnalité torturée, Andy Partridge gère mal la rencontre avec son public et assez rapidement le groupe abandonne la scène. A l’instar des Beatles qui avaient pris cette décision usés par la folie des tournées mondiales, XTC va bâtir tranquillement sa gigantesque cathédrale pop en studio.

XTC est pop dans la lignée des grands mais sans la déférence rétrograde de certains (Oasis ?), marqué par une des personnalités (Andy Partridge) les plus complexes et torturées du petit monde pop. La musique d’XTC est un mélange d’évidence pop et d’expérimentations héritées du versant aventureux du rock (Beefheart, Zappa). Une pop ancrée dans son époque et en même temps intemporelle, une pop qui a ses laudateurs zélés et fidèles, jouée par des musiciens accomplis et aux oreilles grandes ouvertes. Une pop qui jouit d’un culte tenace aux Etats-Unis.

Tout n’est pas parfait chez XTC, la production est parfois lourdaude et le chant de Partridge un peu maniéré et fatigant. Les mélodies ne sont pas toujours lumineuses. Oui, mais souvent elles le sont et ne souffrent pas d’écoutes répétées, ce qui est la marque des grands groupes pop. Mille secrets à découvrir…

Pâques oblige, j’ai choisi cette semaine une des chansons de leur avant-dernier album (et le plus beau avec English Settlement et Skylarking), sorti en 1999, depuis 2000, c’est le silence radio chez XTC.

Easter Theatre est un des sommets d’XTC, le refrain ouvre la porte d’un jardin pop féerique, le pont avec ses petits cuivres qui caquettent est une forêt gorgée de fruits resplendissants. Le meilleur souvenir des 30 dernières années de musique pour Benjamin Biolay, chanteur certes un peu tête à claques, mais qui s’y connait en matière de pop.

Je me rends compte que je n’ai jamais autant utilisé le mot pop dans un article. Que de répétitions, pop, pop, pop…

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