Non, c’est une blague, c’est juste son beau-frère, et ça n’a rien à voir musicalement parlant…
Oublions un peu la pop à guitares de jeunes chevelus, les barbus folkeux, les poses de rockeurs…

Parlons d’un artisan doué, très doué, et remontons à la source de la musique américaine : Memphis et La Nouvelle-Orléans (oui, je sais, c’est une fixation chez moi).
Dans une indifférence assez généralisée, Joe Henry, car c’est de lui dont il s’agit, construit son œuvre à l’écart des modes. Une carrière démarrée dans les années 80, un dernier album sorti en 2014, 13 disques.
Avec le temps, Joe Henry est revenu à la base, il est remonté au jazz New Orleans, au blues du Delta, le sud, le sud profond, Memphis.
Depuis Scar, en 2001, il maitrise son sujet, s’entoure des musiciens les plus prestigieux, excusez du peu : Marc Ribot, Ornette Coleman, Brad Mehldau, Jim Keltner, Me’shell Ndegeocello…, pas des superstars, juste des musiciens de qualité immense et passablement hors cadre, pas des requins de studio mais des aventureux. On ne joue pas avec Tom Waits, dans le cas de Marc Ribot, si on n’est pas un peu aventureux.
Attention, Henry ne fait pas du néo-quelque chose, non, il fait de la musique intemporelle. Il se nourrit à la source mais ne la copie pas, il en livre une version personnelle.
Elvis Costello, qui s’y connait, parle de l’album Tiny Voices en ces termes :
“Joe Henry’s Tiny Voices is a record in which a sharp view of the world and confidential experience collide in a wonderful musical and sonic fabric that is entirely his own.”
Venons-en justement à ce Tiny Voices et à la chanson qui le termine.
On a là, en 7 mn, la quintessence du style. Des couches d’instruments acoustiques magnifiées par une production (Joe Henry s’en charge et ses qualités de producteur en ont attiré plus d’un, Allen Toussaint, Mary Gauthier, Solomon Burke, Hugh Laurie…) d’une sobriété exemplaire. Un mille-feuilles d’un feeling immense, des instruments à moitié en liberté, partant parfois en vadrouille, pour revenir au bercail servir cette chanson qui se retient sur le dernier couplet et qui éclate sur la fin avec ses chœurs féminins tout droit sortis des studios Stax de Memphis. Des nuances subtiles, une composition qui tient fièrement la route. Reste la voix, Henry n’est pas un immense chanteur, il a une voix un peu spéciale, certes, mais Dylan aussi, Costello aussi…
Il faut évidemment écouter cela sur une chaîne (ou au casque, mais par sur des enceintes d’ordi, non !) pour savourer les détails, s’immerger, raccrocher les fils de ces instruments qui paraissent au début ne pas se concerter, partir avec ces cuivres ou ces bois qui fuguent, être surpris par ces notes de piano aiguës, savourer la retenue de ces musiciens et se laisser embarquer.
Et sinon , pour la curiosité, une chanson écrite par Joe Henry pour sa belle-sœur, Madonna donc..
La version du premier et ensuite la seconde.
Oui, il y a quelques miles d’écart entre les 2, les repas de famille doivent être intéressants.
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