La tristesse de notre époque, c’est que je pourrais fournir la rubrique nécrologie toutes les semaines (Jefferson Airplane, Sly & The Family Stone, pourquoi pas Earth Wind & Fire, non, peut-être pas eux…). Bref, je n’ai quand même pas envie de me faire le chroniqueur des héros du rock qui tombent…

M’enfin, là ça touche le groupe qui a tout changé pour moi. George Martin, le producteur des Beatles est mort.
Quelques anecdotes : on dit que George Martin n’avait guère été impressionné par le groupe lors de l’audition ; au tout début, il a préféré prendre un autre batteur sur un ou deux morceaux ; George Harrison lui a déclaré, à la première rencontre, qu’il n’aimait pas sa cravate ; en proposant d’accélérer une chanson, il a permis aux Beatles d’obtenir leur premier n°1 (Please Please Me) ; son rôle n’a cessé de croître jusqu’en 67, puis, les Beatles revenant à des choses plus basiques, il a été un peu moins déterminant ; il n’a pas participé à la production de l’album Let It Be ; on l’a par contre rappelé pour construire la face B d’Abbey Road ; il était plus proche de McCartney (Lennon, vachard, a eu parfois des mots un peu durs à son égard, fatigué par la trop grande importance qu’on accordait au producteur dans le son du groupe) ; son disque préféré des Beatles est Abbey Road (alors que chacun sait que le sommet des Fab Four, c’est Revolver, non ?).
Il a su transcrire (avec Geoff Emerick) la volonté de Lennon sur Tomorrow Never Knows : Je veux que ma voix sonne comme si j’étais au sommet d’une montagne du Tibet, il a arrangé les cordes de Yesterday (la chanson la plus reprise du monde), celles d’Eleanor Rigby, il a mis de l’épinette sur In My Life, il joue du piano sur Good Day Sunshine, il a convaincu un orchestre de jouer faux sur A Day In The Life, il a trouvé un joueur de cor pour For No One et surtout il a raccroché 2 morceaux au tempo différent pour faire de Strawberry Fields Forever la chanson révolutionnaire que l’on connaît.
Un petit mot là-dessus. Strawberry Field est un orphelinat de Liverpool, non loin d’où John vivait chez sa tante (je le sais, j’ai tout parcouru à pied), Lennon n’a jamais été vraiment satisfait de la version définitive, il a laissé le soin à George Martin de créer les orchestrations. Début 67, sort donc un 45 tours Penny Lane/Strawberry Fields Forever, soit, bon, un des plus grands 45 de l’histoire du rock. Et puis, quelques semaines plus tard, les Beatles sortent Sgt Pepper’s…
A la fin de la chanson, les amateurs de la théorie Paul is dead, disent que John chante I buried Paul, alors qu’en fait il parlerait juste de Cranberry sauce…
Résultat final :
Et pour voir d’où ils sont partis :
Farewell Sir,
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