
Au lycée, j’étais scotché sur les sixties. Au-delà de 1970, point de salut et la musique immédiatement contemporaine, n’en parlons pas.
J’ai appris, à cette époque, à connaitre un gars que j’avais déjà croisé au collège. Timide, discret, gentil, à l’écart, les cheveux dressés sur la tête, fan de Cure.
Alors bon, difficile d’échapper à Cure dans les années 80 et au début des années 90, j’ai même aimé quelques singles (Close to Me) mais bon, je ne suis pas allé bien plus loin. Et puis, depuis 2, 3 ans, c’était sixties, sixties, sixties.
Alors, la fameuse trilogie de Cure, c’était du chinois pour moi. Le gars m’explique qu’au début des années 80, après des débuts pop-punk excellents (Boys Don’t Cry), Cure, influencé à fond par Bowie, a livré une trilogie froide et ténébreuse, Seventeen Seconds, Faith et Pornography, pas tout à fait des bandes-son pour booms adolescentes. Non, plutôt des blocs glaciaux et peu aimables. Un peu comme la trilogie berlinoise de Bowie.
Un beau jour, il me refile le sésame, une cassette :

Que j’écoute sur ce bon vieux poste :

Je me souviens très précisément de l’effet que ça m’a fait la première fois que je l’ai écoutée, un matin, avant de partir au lycée : l’impression d’entendre des ouvriers travailler dans une usine, ben oui.
Comme chanson de la semaine, je vais choisir celle qui donne son titre à l’album et qui le termine. Tout l’album est dans ce style. Minimaliste, guitare, ligne de basse, batterie, tout est très simple, voix plaintive de Robert Smith, nappes de synthés. Un morceau qui tarde à commencer, peine à finir et au cours duquel la voix arrive presque en s’excusant de briser l’ambiance brouillardeuse de l’ensemble.
alors là je comprends tout à fait ta description du morceau … mais j’aime bien quand même en fait !
J’aimeJ’aime